Temple Mémorial

Petite histoire des temples maçonniques de Montréal

TVF Jacques G. Ruelland, PDDGM

6 octobre 2002.

Depuis 1759, les FF se réunissaient en divers endroits sur lesquels nous avons peu de détails. Toutefois, le siège social de la Grande Loge provinciale fut déménagé de Québec à Montréal en 1788 par Sir John Johnson, Grand Maître de l’époque, qui demeurait à Montréal, et dont le secrétaire était Thomas McCord, membre de la loge St. Peter.

On sait peu de choses des lieux de réunion des FF durant la période qui va de 1788 à 1825. Cette période troublée vit l’arrivée en sol canadien de nombreux Loyalistes américains, dont plusieurs vinrent garnir les colonnes des loges, en particulier celles des loges frontalières, comme celle de Stanstead, la loge Golden Rule no 5, dans les Cantons de l’Est, et les loges montréalaises. Les loges se multipliant, les besoins d’un temple maçonniques devinrent de plus en plus pressants. C’est ainsi que l’on décida, au début des années 1820, de construire le Masonic Hall Hotel, dans le Vieux-Montréal, rue Saint-Paul.

Le Masonic Hall Hotel, qui couvrait une partie du site qu’occupe maintenant le Marché Bonsecours, fut inauguré par John McGillivray, Grand Maître provincial, le 13 mai 1825. Sa construction avait été financée par John Molson.

En 1833, le Masonic Hall Hotel, qui avait été rebaptisé British American Hotel, fut détruit par le feu et toutes les archives furent perdues. Les Maçons se réunirent alors à la loge St. George.

Le 1er octobre 1846, Peter McGill, Grand Maître de la Grande Loge Provinciale posa la première pierre du nouveau Freemason’s Hall au coin de la rue Notre-Dame et du carré Dalhousie, à Montréal.

Le 6 octobre 1894, la pierre angulaire d’un nouveau temple fut posée sur le boulevard Dorchester par le PVF John P. Noyes. Ce temple se trouve toutefois dans la zone où vont se construire la gare Centrale de Montréal, le siège social de Bell Canada rue de La Gauchetière, etc. Le temple de la rue Dorchester est voué à la disparition ; en outre, il est trop petit pour les besoins des nombreuses loges de l’époque. On décide donc de construire un quatrième temple, au coin des rues Sherbrooke Ouest et Saint-Marc, sur un terrain appartenant depuis 1865 à sir James Johnston.

Pose de la pierre angulaire du Temple maçonnique de Montréal, le samedi 22 juin 1929

Temple Memorial

Le 22 juin 1929, le PVF Henry Willis posa la pierre angulaire de ce temple, le Masonic Memorial Temple, dont la construction fut achevée en décembre 1929. On peut dire que c’est de justesse que cet édifice fut achevé en 1929, juste avant le crash boursier et la crise économique qui ont entraîné le retard dans la construction de maints édifices du centre-ville. Deux mille FF ouvrirent les travaux maçonniques dans le temple de la rue Dorchester, en ôtèrent une pierre qui devint la pierre angulaire du nouveau temple et marchèrent en procession jusqu’au coin des rues Sherbrooke Ouest et Saint-Marc. La Grande Loge du Québec y tint sa première réunion annuelle le 12 février 1930, fêtant ainsi son soixantième anniversaire. Cet édifice est dédié aux FF qui ont donné leur vie pour leur pays, comme le rappelle le nom de l’édifice et le monument qui tient lieu de cénotaphe au troisième étage.

Le bâtiment a été conçu par l’architecte John Smith Archibald dans un style qui rappelle l’académisme classique. Sa façade constitue un exercice académique de style néo-classique et sert de cadre à la présentation des symboles maçonniques. Il comporte une rangée de colonnes octogonales autoportantes avec leurs chevaux ailés et leurs globes célestes et terrestres. Le motif du soleil symbolise la révélation divine, dans l’imposte au-dessus des portes d’entrée. Les sculptures figuratives représentent les emblèmes maçonniques taillées dans le tympan central. L’assise de la plate-bande est sculptée d’insignes maçonniques et d’inscriptions latines énonçant les cinq vertus suivantes : foi, charité, vérité, liberté, espérance. L’édifice n’est pas carré : la façade a 130 pieds ; le côté est, 116 pieds ; le côté ouest, 110 pieds ; l’arrière, 116 pieds.

Les entrepreneurs engagés dans la construction de cet édifice étaient E.G.M. Cape, Ltd., entrepreneur général ; McDougal & Friedman, designers de l’équipement mécanique et électrique ; Thomas Robertson Ltd., équipements de plomberie ; Ballantyn & Co., Ltd., plombiers ; Fryer & Matheson Ltd., peintres en bâtiments ; Otis Fenson Co., ascenseurs ; Hy. Morgan & Co., Ltd., ameublement ; Wilson & Mcdonald, Ltd., électriciens ; Quinlan Stone Co., pierres de taille.

L’édifice qui contenait au départ sept loges, c’est-à-dire sept locaux destinés aux travaux maçonniques des FF, n’en compte plus que quatre, une partie de l’édifice étant actuellement louée à divers locataires. Plusieurs loges de Montréal utilisent trois de ces loges, alors que le grand local du septième étage sert aux tenues des cinq loges du Rite écossais ancien et accepté. Plusieurs loges de Montréal louent ou possèdent d’autres locaux dans l’agglomération montréalaise ; ainsi, plusieurs loges du West Island ont un temple, le Harmony Hall, au coin des boulevards Saint-Jean et Pierrefonds, à Pierrefonds, etc. Bien entendu, les loges situées hors de l’agglomération montréalaise ont leur propre temple ou louent des locaux appropriés dans leur municipalité ou leur région. Néanmoins, le temple de la rue Sherbrooke est considéré comme le bureau chef de l’obédience ; c’est là que le Grand Maître et le Grand Secrétaire ont leurs bureaux et que se réunit la Grande Loge lorsqu’elle tient ses assises.

 

Les espaces intérieurs sont constitués des trois principales salles mentionnées ci-dessus, à savoir, le Memorial Hall sur le niveau deux, Lodge Une salle sur trois niveaux, et l'auditorium du Rite écossais au niveau quatre. Autres espaces comprennent des salles à manger, une cuisine, des bureaux administratifs, des salons, des bureaux et des salles d'entreposage. Il ya, au total, huit niveaux au temple, y compris les mezzanines et les locaux techniques en sous-sol et penthouse.

 

Les différentes loges maçonniques et les organismes affiliés  se rencontrent dans des chambres meublées et équipées à des fins cérémonielles. Ces chambres sont conçues pour des réunions ou des communications officielles, et leur décor intérieur reflète cet effet. Les loges sont meublées avec des chaises rembourrées et les bancs de l'époque victorienne. L'auditorium du Rite écossais est orné de lambris de chêne et de dispositifs héraldiques. Cette salle de réunion comporte également un orgue  de Casavant & Frères.

 

Le structure du Temple est  en acier et en béton. Les onze plans du système d'ossature en acier révèlent un solide réseau de poutres en I reposant sur des piliers de béton. L'acier provenait de la Dominion Bridge de Montréal.

 

Les plans architecturaux, actuellement détenues par la Collection d'architecture canadienne de l'Université McGill, comprennent un total de dix-sept dessins en encre sur toile des étages, et de tous  les détails architecturaux, ainsi que les onze plans de la charpente en acier. Les plans ont été approuvés par l'architecte, le 1er Août, 1928 ref: 25-6.

 

 

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